Ne consommez jamais un champignon dont l’identification n’est pas certaine !

La saison d’automne avec sa fraîcheur et son humidité est la meilleure pour aller à la cueillette des champignons. Les promeneurs en profitent pour aller se balader en famille ou entre amis tout en cueillant des champignons. Beaucoup sont avertis et ne consomment que ceux qu’ils connaissent très bien. D’autres sont bien moins connaisseurs et ramassent à l’occasion ces champignons au look si appétissant. 

Mais attention, au mois d’octobre 2019, le nombre de cas d’intoxications liées à la consommation de champignons signalé aux centres antipoison et de toxicovigilance a explosé. Il est monté à 493 cas en 2 semaines, alors qu’habituellement il varie entre 4 et 90 cas par semaine.

Les centres anti-poisons, souvent contactés dans ces cas-là, notent la plupart du temps des confusions entre une espèce comestible et une espèce toxique.

 

Quelles sont les recommandations pour ramasser les champignons ?

Face à ces cas d’intoxications qui se renouvellent et perdurent chaque année, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Institut de veille sanitaire (InVS) avec la Direction générale de la santé (DGS) renouvellent leurs mises en garde et rappellent les bonnes pratiques pour minimiser les risques liés à la cueillette des champignons, tout en appelant à la vigilance de tous, cueilleurs habituels ou occasionnels :

  • Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement et soyez vigilant quant au risque de confusion : certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles ;
  • Au moindre doute sur l’état ou l’identification de l’un des champignons récoltés, ne consommez pas la récolte avant de l’avoir fait contrôler par un spécialiste en la matière (pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés) ;
  • Cueillez uniquement les spécimens en bon état et prélevez la totalité du champignon (pied et chapeau), afin de permettre l’identification ;
  • Ne cueillez pas près de sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) car les champignons concentrent les polluants ;
  • Séparez les champignons récoltés par espèce. Un champignon vénéneux peut contaminer les autres ;
  • Déposez les champignons séparément, dans une caisse ou un carton mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement ;
  • Lavez-vous soigneusement les mains après la récolte ;
  • Conservez les champignons à part et dans de bonnes conditions au réfrigérateur et consommez-les dans les deux jours au maximum après la cueillette ;
  • Consommez les champignons en quantité raisonnable après une cuisson suffisante, ne les consommez jamais crus.
  • Ne proposez jamais de champignons cueillis à de jeunes enfants.

 

Comment déceler une intoxication et que faire ?

Les conséquences sur la santé de ce type d’intoxications sont graves (troubles digestifs sévères, atteintes du foie pouvant nécessiter une greffe), voire mortelles. La plupart d’entre elles conduit à une hospitalisation, souvent en réanimation. En cas d’apparition d’un ou plusieurs symptômes (notamment diarrhée, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue, etc.) suite à une consommation de champignons de cueillette : appelez immédiatement le « 15 » ou un centre antipoison en mentionnant cette consommation.

Les symptômes commencent généralement à apparaître dans les 12 heures après la consommation et l’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement. En cas de symptômes, il est utile de noter les heures du ou des derniers repas et l’heure de survenue des premiers signes. Petit réflexe à avoir, photographier votre cueillette avant cuisson, la photo sera utile pour le centre antipoison, afin d’orienter vers le bon traitement.

Alors à vos paniers, et vos bottes mais avec prudence !

 

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Liens utiles :

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS